
En mars 2025, lors de Te Reo o Te Moana, La Voix de l’Océan, les peuples du Pacifique portent ensemble un message historique : protéger l’océan, leur ancêtre, en renouant avec leurs savoirs, leurs pratiques et leurs liens d’origine.
Cet appel, né de la base, résonne en Polynésie française et lui insuffle un nouvel élan : celui de sanctuaires marins imaginés, guidés et incarnés par les populations locales.
Un an plus tard, en juin 2026, l’île de Mangareva, au cœur de l’archipel des Gambier, adopte sa propre aire marine protégée.
Ce n’est pas un programme imposé.
Ce n’est pas une idée venue d’ailleurs.
C’est le résultat d’une concertation patiente, née autour de la table : pêcheurs, perliculteurs, anciens, enseignants, jeunes, associations.
C’est le peuple qui a imaginé ce sanctuaire.
C’est le peuple qui l’a porté.
C’est le peuple qui l’a fait naître.
En septembre 2026, l’association polynésienne Oceania, signataire de Te Reo o Te Moana, se rend à Mangareva. Non pas pour expliquer, mais pour écouter. Pour comprendre. Pour apprendre auprès de celles et ceux qui ont créé ce modèle.
Leur démarche : recueillir les récits, entendre les compromis, saisir les logiques culturelles, les innovations locales, les savoirs transmis, et tout ce qui a permis à une petite communauté d’inventer sa propre forme de protection du vivant.
À travers le regard croisé de Charlotte Esposito, doctorante spécialiste des baleines à bosse et fondatrice d’Oceania, et de Herehia Sanford, figure culturelle polynésienne et marraine de l’association, le film suit une immersion sensible au sein de la communauté de Mangareva.
Elles observent, dialoguent, se laissent guider : ce sont les habitants qui rythment le récit.
Mangareva, cependant, n’est pas seulement une histoire humaine.
C’est aussi un territoire de science presque intact.
Ses récifs puissants, ses tombants abrupts, ses passes profondes et son lagon aux nuances infinies accueillent une densité exceptionnelle de baleines à bosse. Ici, les comportements sociaux s’expriment sans filtre : chants singuliers, maternités en confiance, interactions encore peu documentées.
Tout est là, vivant, brut, à découvrir.
Oceania espère témoigner de cette profusion, et peut-être capter certains comportements jamais observés ailleurs en Polynésie. Non pour le spectaculaire, mais pour enrichir une connaissance qui, elle aussi, nourrit la protection.
Les Fondateurs du Sanctuaire raconte une double histoire profondément liée :
celle d’un peuple qui réinvente sa manière de prendre soin de l’océan, et celle d’une espèce ancestrale qui pourrait révéler ici des secrets encore invisibles.
En tissant la parole des Polynésiens, l’écoute d’Oceania, la force du paysage et l’intimité des baleines, le film devient le récit d’un sanctuaire né du vivant, humain et marin, et d’une vision qui, humblement, pourrait inspirer d’autres communautés du Pacifique… et au-delà.